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Laongo: Un havre socio-culturel au cœur de la savane Burkinabè

Mis à jour : mai 25


Situé à une trentaine de kilomètres au nord-est de la ville de Ouagadougou, Laongo ne cesse de se transformer en un cadre de rêves pour plus d’un, depuis plusieurs années. Burkinabè et de nombreux visiteurs du Pays des hommes intègres ne se font pas prier pour faire le pèlerinage de cette bourgade qui se positionne comme un havre socioculturel avec deux grandes réalisations.

Laongo, ce hameau situé à quelques encablures de la capitale Burkinabè doit sa renommée, principalement, à deux sites d’initiatives privées. Il s’agit du Symposium de sculpture sur granite du promoteur Siriki Ky, ouvert en janvier 1989, et le Village Opéra résultat de l’opiniâtreté de l’Allemand Christoph Schlingensief, dont les travaux ont été lancés en février 2010. Ces œuvres, fruits de deux amoureux des arts et de la culture font ainsi de Laongo une localité connue et reconnue par les nombreux visiteurs du Burkina Faso.

Le Symposium de sculpture sur granite

Fondée par le sculpteur burkinabè Siriky Ky, la première expédition du symposium a été lancée le 13 janvier 1989 avec un groupe de 18 sculpteurs issus de 13 pays. Depuis lors, des artistes des quatre coins du monde y viennent donner vie à de la pierre.

A Laongo, un terrain favorable avec un affleurement de roche granitique y apparaît en discontinus sur une superficie d’environ un (01) kilomètre carré. Ce site naturel est un formidable endroit d’expression où de nombreux artistes africains et d’autres continents y ont laissé leurs empreintes. Le choix est porté sur un granit gris-rosé, se présentant tantôt en boules éparses, tantôt en coupoles. Par endroits, cette roche renferme des enclaves décimétriques de roches « vertes ».

Les sculpteurs invités créent ainsi leurs travaux sur place à l'aide de la roche du site. Certains travaux combinent du granit local et d'autres matériaux tels que le métal.

Dans cet univers minéral, au milieu des herbes sèches, jaillissent donc des formes sculpturales à l’occasion de chaque campagne. Venants de différents horizons, les artistes y expriment alors tous leurs talents en laissant leurs marques sur ce sol local du Pays des hommes intègres.

En novembre 2016, après un mois passé à donner des âmes à ces galets et autres caillasses jadis inertes, dix-sept sculpteurs de neuf nationalités ont offert le 11e symposium dans ce site devenu un musée à ciel-ouvert. De leur avis, cette édition a été l’une des meilleurs depuis la première en 1989.

Le Village Opéra, une œuvre de «caractère»

Ce site situé, en pleine campagne, à Laongo également, à terme, doit abriter une école, un centre sanitaire, une salle de théâtre et d’autres infrastructures culturelles. Certainement, comme l’avait voulu son géniteur, c’est une œuvre de cœur mais aussi de «caractère» que l’initiateur du projet a voulu laisser à la postérité.

En effet, le Palais des festivals est un projet qui tenait fortement à cœur Christoph Schlingensief, artiste et célèbre metteur en scène allemand. Ayant vu la pose de sa première pierre, le Village Opéra est enfin une réalité. Les infrastructures pour ce projet, principalement une école, un centre sanitaire et une salle de théâtre, en sept années, malgré le décès de leur initiateur, ont poussé comme des champignons. La nouvelle école attire non seulement les villageois et leurs enfants, mais aussi des touristes étrangers. Le centre sanitaire est terminé ainsi que d’autres ouvrages. C’est ainsi que Christophe Schlingensief concevait les choses, peut-on dire. En effet, le défunt metteur en scène souhaitait encourager les échanges culturels entre l’Afrique et l’Europe. Ainsi, outre les ouvrages sociaux, devront naître dans le village de Laongo d’autres infrastructures dévolues à l’art et à la musique, notamment des studios d’enregistrement, un restaurant et un théâtre pouvant accueillir 600 personnes.

Le site, inauguré en février 2010, avait vu le début des travaux juste quelques temps après, grâce à des subventions publiques et privées, auxquelles ont contribué le Goethe-Institut et le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères.

À la mort de Christoph Schlingensief le 21 août 2010, quelques mois après le lancement des travaux, sa veuve, Aino Laberenz, a poursuivi le projet avec son équipe et continue à superviser la construction du Village Opéra. Conçu par Francis Kéré, architecte burkinabè résidant en Allemagne, il est d’un coût estimé à plus de 1,5 milliard de francs CFA, soit environ 2,4 millions d’euros. Le site est implanté sur un terrain d’une superficie de cinq hectares et, malgré les difficultés qui pouvaient naître pour son exécution suite à la mort de Christoph, les travaux continuent grâce à l’abnégation des autorités allemandes et aux soutiens de bonnes volontés.

Outre la main d’œuvre qu’occasionnent les travaux, on peut dire que le Village Opéra à Laongo, en survivant à la disparition de son géniteur, est en train de devenir une référence sous-régionale et une grande fierté pour le Burkina dans cette petite bourgade.

De la ville de Ouagadougou pour aller découvrir ce havre socio-culturel qu’est en train de devenir ce village, on peut y accéder facilement par deux itinéraires différents qui permettent ainsi un petit circuit touristique.

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